mercredi 12 février 2025

La covid rend coquin, c’est certain !

J’ai enchainé visioconférence sur visioconférence et souvent elles avaient du retard, alors on papotait en attendant les autres. Lors d’une visio qui tardait à commencer, j’étais seule avec un collègue que j’ai quelquefois croisé en réunion, mais que je ne connais pas vraiment. Je ne pourrais même pas te dire sa corpulence, son âge ou comment il se fringue. D’autant que tu sais que cela n'a guère d’importance pour moi. Sa photo en vignette de son identifiant de connexion montre qu’il est blond, ou gris peut-être, et j’imagine entre 45 et 55 ans.

On s’amuse de notre intérieur, mon mur de salon couleur brique contre le papier peint contemporain de son coin bureau. On se moque gentiment des bibliothèques en fond d’écran de certains formateurs. Puis un de mes chats passe sur mon clavier devant la webcam, ce qui nous amène à discuter matou. Et là, le jeu de mots involontaire du collègue qui me dit qu’il aime beaucoup caresser les chattes ! J’éclate de rire et il se rend compte du sous-entendu possible et devient vraiment rouge écarlate. Je rétorque que je comprends très bien ce plaisir, le partageant moi-même ! Et on est obligé d’en rester là, car d’autres se connectent.

À la fin de la réunion, je reçois un courriel de ce collègue qui s’excuse du lapsus tout en m’assurant qu’il espère en effet que caresser une chatte me ravit. Du coup, je m’amuse à lui répondre que tout dépend de la qualité des poils, que je n’aime pas les chats à peau nue, que j’aime les angoras mi-longs surtout sans pédigré. Et en fait, on démarre une discussion plutôt coquine et on se dit que ce n’est pas très malin sur notre adresse professionnelle ! Il m’envoie alors un courriel de sa boite personnelle. En retour, il reçoit la mienne et l’intitulé le jette d’emblée dans le bain sensuel que j’aime partager.

Après quelques questions d’usage pour tâter le terrain, il comprend vite qu’il peut jouer avec moi et m’envoie une photo dénudée. Hum un sacré beau cul ! Certes vivement des vacances au soleil pour qu’il puisse mettre un peu de couleur sur ses fesses bien galbées. Voyons voyons, comment ai-je répliqué ? Soft ou plus hard ? À ton avis ? Autant poser le décor, impudique et libre, j’ai opté pour une image d’archive de mon propre fessier. Rien de bien méchant, tu me diras… Sauf qu’on peut repérer un anneau rose entre mes lobes. De suite, il me demande si c’est du direct. Je lui réponds que non puisque, comme il peut le constater, il me faut quelques accessoires ! Forcément, tu te doutes qu’il veuille en savoir plus sur cet objet. Mais en fait, je crois qu’il était plutôt décontenancé et n’osait pas aborder clairement le sujet. Tu sais combien je peux être garce, alors je me suis fait le plaisir de décrire les sensations que je ressens quand je tourne cet anneau, quand je tire un peu dessus… Mes épaules qui frissonnent, mon dos qui se creuse, mes genoux qui s’enfoncent plus fortement dans le matelas, mes cuisses qui tremblent, ma vulve qui pulse, mon souffle qui se coupe… Sans jamais lui dire ce qu’il y a derrière cet anneau ! Puis j’ai coupé notre échange prétextant une envie pressante de rejoindre mes joujoux, mais en lui laissant entendre qu’on pourra toujours le continuer en asynchrone ces prochains jours.

Quand j’ai rouvert ma messagerie le lendemain, j’avais un long message que je te résumerais ainsi : j’ai vidé le ballon d’eau froide pour me calmer et tu es dangereuse pour ma santé mentale et mon cœur. Faussement inquiète, je lui réponds qu’il ne faudrait pas alors qu’il abuse du viagra ! Et qu’il va falloir qu’il contrôle sa santé avant de lire mes messages. Il en convient et me dit qu’il a besoin d’informations complémentaires pour se préparer. Viens ensuite, un questionnement pour en savoir plus sur mes plaisirs. Le genre de liste que tu trouves sur les réseaux sociaux. C’est un peu cliché, mais c’est pas si mal en fait, car ça permet d’échanger sur des sujets qui sont souvent plus faciles à aborder à distance. Tu sais le classique, fessée pas fessée, masturbation avec sextoys ou sans, films ou littératures érotiques ou pornographiques, langage cru, fellation, sodomie, jeux ou scénarios etc. Cela me fait penser aux procédés qu’ont les échangistes avant d’organiser une partie privée, en BDSM ou pas d’ailleurs. J'ai donc répondu, mais en plusieurs écrits qui se sont étalés sur deux ou trois semaines sous la forme d’un roman-feuilleton. Finalement, j’ai adoré ces débuts contraints, car on s’est explorés de manière approfondie tout en restant ludique. Pas sûr qu’on l’aurait fait autant si on s’était rencontrés. Il m’a demandé un échange vidéo, mais tu sais que je n’aime pas que cela traine sur les réseaux… Et en plus, soit ma connexion déconne soit c’est ma webcam qui merde. Alors on s’est dévoilés par photos tronquées et en appels audio. Et j’ai trouvé ses essoufflements très convaincants… Et là, c’était en direct ! J’ai regretté de ne pas avoir mis mon oreillette micro, car j’aurais eu une main libre de plus ! C’était un après-midi un peu plus chaud que les autres, je me suis donc risquée à mettre ma jupe courte en soie. J’aime cette matière sur ma peau et le courant d’air qui se faufile entre mes cuisses. Je te confesse donc que j’étais déjà dans de belles dispositions quand j’ai lu sa proposition d’appel. Mais comme je suis joueuse, je lui ai demandé de m’accorder le temps de me préparer une théière afin de pouvoir y poser mes mains pour les rendre plus agréables pour mon corps. Ça l'a rendu fou ! Incroyable, juste quelques mots pour moi et un scénario complet pour lui… Comme tu le sais, je ne suis pas une menteuse, alors j’ai vraiment profité de la chaleur de la faïence, et pour lui quelques bruits de succion quand je sirotais mon thé. Fallait bien que je console ma bouche !

Les vacances et surtout mes ennuis familiaux ont mis un terme à nos échanges avec néanmoins la certitude partagée de se croiser dans les couloirs ou en réunion à Rennes. Ne pas savoir à quel moment on va se rencontrer m’excite beaucoup d’ailleurs… Peut-être mardi à la prérentrée… Mais pas sûr qu’on puisse s’isoler quelque part pour échanger propos grivois, salive et plus si affinité ! Ce serait bien la première fois que je transgresserais mon adage “ jamais au boulot ”.

Du reste, on a plutôt évoqué un sauna libertin pour un éventuel premier rapprochement. C’est audacieux, car souvent on partage, du moins si on le veut, dans ces endroits coquins... Mais ça, tu le sais bien !

Tu me manques tellement.

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